Quelques données chiffrées concernant les violences masculines contre les femmes :
- 1 femme sur 3 victime au cours de sa vie de viol, violences ou agression sexuelle (enquête effectuée pour le Secrétariat aux Droits des Femmes, ENVEFF 1999).
- 1 femme sur 10 victime de violence conjugale.
Un phénomène de société :
La violence conjugale concerne tous les pays, toutes les classes sociales, les cultures, les religions ou les ethnies. Et il n'est pas si rare qu'elle entraîne la mort. En effet, 25% de tous les crimes de violence enregistrés concernent un homme qui a agressé sa femme ou sa compagne. Et 90 % des meurtres qui touchent les femmes sont commis par leur compagnon. Ainsi, en France, près de 400 femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint.
Pour les femmes de 16 à 44 ans, la violence conjugale est même la principale cause de décès et d'invalidité. Elle tue plus que le cancer, les accidents de la route et la guerre, selon des statistiques citées par un rapport du Conseil de l'Europe. En Europe, selon les pays, de 20 à 50 % de femmes sont victimes de violences conjugales ! Et chaque année, des milliers de femmes et d'enfants quittent le domicile familial en raison des abus dont ils sont victimes.
La violence conjugale est exercée à 99 % par des hommes sur des femmes et en privé. En France, une femme sur 10 qui vit en couple est victime de violences conjugales. Au niveau international, c'est une femme sur 5 qui est victime de violences conjugales. Pourtant, on parle assez peu de ces violences qui se déroulent derrière les murs des domiciles familiaux. En 1993, une enquête canadienne révélait que seulement 14 % des cas de violence sont signalés à la police.
Que recouvre le terme « Violences conjugales » ? :
Il définit le processus au cours duquel un partenaire exerce des comportements agressifs et violents à l'encontre de l'autre, dans le cadre d'une relation privée et privilégiée. La violence conjugale peut être le fait de l'homme comme de la femme, cependant, dans 95 % des cas, la femme en est victime.
Quelles formes prend la violence conjugale ?
Elle peut prendre plusieurs formes, isolées ou conjointes, comme la violence psychologique disqualifiant la victime dans tout ce qu'elle est, la violence verbale qui humilie, la violence économique qui consiste à soumettre une personne par l'argent, la violence sexuelle avec par exemple le « viol marital » qui impose des relations sans consentement. Tous ces comportements en général précèdent la violence physique qui est la forme la plus connue et la plus repérable des violences conjugales, la femme en portant les traces visibles.
Pourquoi les victimes ne portent-elles pas plainte rapidement ?
La violence conjugale procède par phases : la déconsidération, les coups, l'explication des coups, la déresponsabilisation « Je ne suis pas responsable. Tu as provoqué ma colère », les excuses et enfin la « Lune de miel ». La lune de miel est un état fantastique durant lequel la victime va retrouver l'autre tel qu'elle l'avait imaginé quand elle l'a choisi comme partenaire.
La grossesse ou la naissance d'un enfant peuvent-elles déclencher la violence ?
Oui. Souvent, lorsque la femme est enceinte, l'homme violent supporte mal de ne plus être le centre d'attention.
Vers quels services peuvent se tourner les femmes victimes de ces violences ?
Une femme qui subit des violences en a honte. Le numéro « Violence conjugales femmes info service », est un des outil très performant (Tél. 3919). Il est plus facile pour une femme de raconter ce qu'elle vit à un interlocuteur anonyme. Une fois que la parole a été libérée, les professionnels de l'écoute vont amener la femme à se défaire de sa culpabilité. L'appel lui permet d'entendre un point de vue extérieur qui va lui proposer des solutions : porter plainte, intégrer un groupe de parole, se confier à un proche, vivre dans une structure d'hébergement...
Le parcours pour sortir du cycle de la violence est-il long ?
Très. Il est semé de va-et-vient. Dans un premier temps, toutes les femmes qui quittent le domicile conjugal y retournent. L'homme à ce moment-là promet que la violence ne se produira plus, offre des preuves d'amour. Les médecins ou travailleurs sociaux qui ne sont pas sensibilisés ou formés à ce problème peuvent finir par dire : « Je l'ai aidée une fois, elle est retournée chez lui, tant pis pour elle ». Il est donc indispensable de savoir que le parcours sera long et chaotique.